Hello les filles,

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été attirée par le maquillage. J’avais des palettes pour enfants, aux couleurs pastel improbables, j’avais aussi entamé la collection de produits de Sabrina l’Apprentie Sorcière (le gloss à la cerise sentait tellement bon !). J’ai été, mine de rien, très fifille quand j’étais enfant – malgré une mère très peu coquette et pas de grande sœur.

J’ai commencé à me maquiller en 4e, vers 13 ans donc, juste un simple trait de khôl noir dans la muqueuse inférieure. Le mascara et le liner ont débarqué, une fois au lycée, à 14/15 ans. J’avais beau beaucoup m’intéresser au make-up, j’avais toujours fait l’impasse jusque-là sur le fond de teint, l’anticernes, le blush. Je ne me contentais que du strict minimum, car je n’estimais pas avoir besoin de plus. Jusqu’à ce que je rencontre, une fois à la fac, une amie encore plus portée que moi sur la chose, et qui pour le coup, se maquillait bien plus (à la truelle). Et c’est en la voyant avec son fond de teint, ses poudres, ses correcteurs, sa terracotta, que je suis tombée (pour de bon) dans le tourbillon infernal. J’ai donc commencé, à 18 ans, le fond de teint poudre avec de l’anticernes, pour finalement finir avec le fond de teint liquide, ultra couvrant.

Sauf que, gros souci à l’horizon. 1) ma peau n’avait pas besoin d’une couvrance extrême, mais ça je n’en avais pas conscience à ce moment 2) elle a été complètement étouffée par les produits et s’est rebellée en me donnant des boutons affreux. Conclusion : au lieu de mettre en valeur ma peau, le fond de teint l’avait fait morfler. Et vous connaissez bien la chanson : c’est quand on a des imperfections qu’on cherche le plus à les camoufler, ce qui par extension les fait empirer.
Il m’a fallu deux ans pour comprendre ça, et prendre le souci à bras le corps. Prendre soin de ma peau avec des produits anti-imperfections, afin de soigner le mal à la source et ensuite, trouver des textures et des compositions plus adaptées à mon épiderme relativement fragilisé. Il a fallu un peu de temps à ma peau pour se refaire une santé, et retrouver un certain équilibre. Encore aujourd’hui, elle se manifeste quand un produit est trop asséchant, ou au contraire trop nourrissant, voire occlusif.

Le mal était fait, cependant. Ma peau avait été abîmée, de plus j’avais pris l’habitude de me voir avec une sacrée couche sur le visage. Résultat, il était impossible pour moi de sortir sans la moindre trace de make-up sur le visage. J’avais énormément de mal à me montrer démaquillée, à quiconque et encore plus à mes amies, qui me voyaient toujours apprêtée. Que ce soit à la fac, comme au travail (j’étais serveuse/barmaid à l’époque), j’étais toujours pomponnée. Même pour aller faire des courses au bout de ma rue !
Il m’a fallu énormément de temps pour réapprendre à aimer mon visage, à le trouver joli sans le moindre artifice, à arrêter de scruter la moindre imperfection ou de focaliser sur mes cernes, mon grain de peau à nu.

Le déclic est majoritairement venu grâce à mon copain, qui me préfère au naturel, sans la moindre trace de make-up. Il a réussi à me détacher de cette addiction (car oui, c’en est une) et de m’aider à m’accepter telle que je suis. À tel point que nous étions partis en vacances dans sa famille à Nice, et j’ai passé les 3/4 du temps totalement démaquillée, même quand nous partions manger au restaurant. Et ceci, un an plus tôt, cela aurait été totalement impensable pour moi. Je ne pouvais pas sortir sans cette façade, au point parfois de refuser de sortir parce que j’avais la flemme de passer par toutes ces étapes.

Désormais, je passe la plus grande partie de mon temps démaquillée, sauf quand je dois bosser ou aller à un rendez-vous pro, mais sinon je suis toujours dépourvue de maquillage. Ma peau me le rend bien, je prends petit à petit confiance en mon apparence. Certes, je ne suis toujours pas au point de poster ici une photo de moi sans make-up mais je ne rechigne plus à sortir si je n’ai rien sur le visage. Et ça fait du bien, mon dieu, de se laisser aller et de ne plus se sentir dépendante de ce carcan. Ainsi, quand je dois me maquiller, je reprends plaisir à le faire, je ne le vois plus comme une contrainte, un passage obligé. Et pour ça, je remercie mon mec qui m’a aidée à me défaire de cette mauvaise habitude.

Et vous, quel est votre rapport au make-up ? Je suis curieuse !

À très vite, 
Jade